Comme promis voici 2 extraits du roman, puisque sa parution sera effective à la fin du mois de mars 2008 !
1ere époque :
Un après-midi, comme à son habitude depuis plusieurs jours, Françoise vient aider pour les foins. Elle se sent bien dans cette
campagne verdoyante aux odeurs d’herbe fraîchement coupée. Le parfum du foin juste coupé bouleverse la jeune fille, un parfum envoûtant, l’emplit de bonheur. Les jours si longs et chauds, les
oiseaux, les sauterelles, tout est magique jusqu’au soir venu.
Comme une divine caresse, Françoise savoure ces moments de plénitude. Elle emplit son coeur et son corps de ces souvenirs, de ces odeurs afin de les garder et les
savourer comme un trésor lorsqu’elle sera retournée à Paris.
Son esprit vagabonde au milieu des senteurs. Jean l’interpelle, elle reprend ses esprits et repart au dur labeur des fenaisons.
Après avoir fané et bottelé en petites bottes rectangulaires, ils ramassent celles-ci sur un plateau ; Françoise les arrange comme Jean le lui a montré afin que les
bottes s’entrecroisent pour ne pas tomber du char. Jean lui passe les bottes en les portant à bout de bras avec une fourche, il transpire à grosses gouttes, torse nu, bien musclé, sa peau dorée
par le soleil, qu’il est beau !
3eme époque :
La ferme avait dû avoir une vie antérieure très active que Françoise n’arrivait pas à imaginer tant l’abandon
l’avait détruite. Sur la nature encore à peine réveillée, un beau soleil coulait à pleines brassées des effluves chargées de douceur. Les bruns, les mauves, les prés marbrés de vert, les
bourgeons qui osaient s’ouvrirent. Pas de doute, le printemps était bien arrivé. Jean était heureux. Jamais il n’avait fouillé la terre d’un labour si profond, elle était à lui. Il voulait la
pénétrer, la féconder jusqu’au ventre. Le soir, il rentrait, fatigué, avec son tracteur et sa charrue dont les socs luisaient comme de l’argent où la terre, par endroits, s’agrippait pour ne
pas être abandonnée. En mars, il hersa ses blés puis ses avoines, multipliant les soins, se donnant tout entier. Il retournait souvent voir ses pièces de terre. En amoureux, il en faisait le
tour, se baissait et prenait d’un geste accoutumé une poignée, une motte grasse qu’il aimait écraser, à laisser couler entre ses doigts, heureux s’il ne la sentait ni trop sèche ni trop humide,
flairant bon le grain qui pousse. Il y avait ces temps-ci un bon vent qui apportait la chaleur. Les cumulus passaient haut dans le ciel bleu et le soleil du printemps chauffait la terre,
réveillait les arbres. Tout chantait, tout était prêt pour l’été, pour la grande fête des éclosions et des récoltes. Il attela la charrue et partit tôt le matin pour labourer son champ.Depuis
plusieurs jours, il faisait un temps magnifique, il ne fallait pas attendre que la sécheresse rende le sol trop dur. Il régla les socs de manière à faire des sillons bien profonds pour que la
terre en se retournant enterre les mottes d’herbes. Il y aurait ensuite juste à passer la herse avant de semer. Il vit que la terre était belle, d’une couleur caramel, ni trop collante ni
maigre. Il descendit du tracteur pour l’émietter entre ses doigts. Il pourra faire du beau maïs avec une terre pareille et l’an prochain y semer du blé.
voila j'espère vous avoir donné envie de lire le livre ....
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