J'avais participé à un concours de nouvelles pour le magazine
"les serviteurs d'apollon" de Strasbourg !
2 sujets au choix, féminins bien sûr.
j'avais opté pour celui s'intitulant "femme meurtrie"
j'ai eu l'agréable surprise, un jour d'avril de recevoir un mail me disant que ma nouvelle n'était pas la gagnante du concours mais vu sa qualité littéraire qu'elle serait publiée dans leur
magazine du mois de mai !
je n'y croyais pas trop et puis aujourd'hui j'ai reçu ce magazine et effectivement 4 nouvelles sont publiées sur ce sujet dont la mienne que je vous livre ici !
me voila avec un petit brin de fierté quand même ...
après celle qui avait été retenue pour online éditions sur "imaginez la terre en hiver 2050" mais dont le concours a été annulé ensuite faute de tricherie, voir mes écrits et mon nom dans un
petit magazine m'a fait tout drôle à midi .....conclusion mon écriture ne doit pas être si mauvaise malgré ce que je peux en penser....
Femme meurtrie…. Starsbourg
apollon
« Elle a frappé à ma porte, un jour de printemps ! »
Tel ce vieux chêne devant ma maison, tordu, aux branches effeuillées en cette
saison, s’étirant vers le ciel bleu azur d’une belle journée d’hiver, j’espère
retrouver ma jeunesse perdue, ma vitalité passée.
J’ai le droit de rêver à l’impossible.
J’ai le droit de continuer à vivre, même meurtrie !
Oui, je suis une femme meurtrie, meurtrie par la maladie. Un mal qui me ronge visiblement depuis sept ans, date à laquelle les médecins ont pu lui mettre un
nom : la Sclérose En Plaques !
Elle avait investi mon corps doucement, silencieusement depuis de nombreuses
années me laissant croire à une vie saine, éternelle.
J’avais une famille, un métier, des projets plein la tête. J’avais encore du temps
devant moi pour continuer mon chemin, je n’avais que quarante ans…
Et puis, un jour de printemps, elle s’est réveillée. Elle a frappé à ma porte sans prévenir. Je ne l’ai pas vu arriver, je ne la connaissais pas.
Une semaine à l’hôpital a suffi pour y mettre un nom.
Dans ma tête tout s’est mélangé, je n’étais plus la femme d’avant, j’étais malade
et je risquais de finir handicapée !
Je me suis enfermée dans un cocon noir, je ne voulais plus voir personne, je
ne vivais plus…
Mes enfants ont dû en souffrir et je m’en excuse. Ma dernière fille, si jeune,
onze ans, découvrait une maman grognon, qui ne souriait plus et ne
s’intéressait plus à rien…
La maladie a continué en quelques mois sa progression. Après mon œil droit,
elle s’est attaqué à ma jambe gauche. J’ai dû marcher avec une canne, à
quarante ans, une canne à la place de ma
jambe !
Pertes d’équilibre, fatigues, problèmes urinaires, je me suis
retrouvée attaquée sur tous les fronts à la
fois !
Puis un jour, grâce à une amie, j’ai réagi !
Je ne pouvais rester ainsi à me morfondre sur mon triste sort. La vie était là, ma
famille était là. Je devais résister pour eux, combattre ce mal !
C’est difficile de se battre contre un mal incurable ; alors j’ai décidé
d’écrire pour oublier !
Sur le papier je couchais les mots aux parfums de douleur ou de joie suivant les
instants.
La maladie continuait sa progression. Je me suis retrouvée en fauteuil roulant au bout de quatre ans…
mais curieusement, la femme était plus épanouie qu’elle ne l’avait été au moment du diagnostique !
L’écriture l’avait sauvé d’une mort certaine !
Je n’ai plus mes jambes pour me porter. Je vis dans un beau fauteuil bleu à manette pour avancer sans difficultés.
La
maladie continue ses attaques. Les bras et les mains commencent à disparaître.
Mon œil gauche m’a fait me retrouver à l’hôpital pour quelques jours. Des
poussées imprévisibles, sournoises pendent au-dessus de ma tête mais je
profite de mes instants de lucidité pour écrire et me sentir heureuse, fière de ne pas être devenue maman loque, mais maman réactive, fière de devenir une grand-mère sur roulettes très prochainement, fière d’avoir été éditée et reconnue, fière d’être lue et que mes écrits plaisent !
Pourvu que la source ne se tarisse pas !
Pourvu que les idées continuent de noircir mes pages blanches !
Pourvu que la maladie arrête quelques temps ses attaques pour me laisser mes mains, j’en ai tant besoin !
Femme meurtrie dans ma chair, dans mon cœur, j’essaye de rester vivante, malgré les douleurs, malgré ce poids si lourd à porter, malgré le fait de savoir que je resterai malade jusqu’à la fin !
Femme meurtrie qui, grâce à son écriture, fait des rencontres qu’elle n’aurait
sans doute jamais réalisé si le cours de la vie avait été
différent.
Je ne sais pas si l’écriture aurait tenu tant de place dans ma
vie d’agricultrice !
Femme meurtrie mais pour qui un rayon de soleil est venu embellir la vie !
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