Ma nouvelle avait donc retenue l'attention du jury, les résultats et remise des prix avaient lieu le samedi 22 novembre à Courbevoie (92) où je ne me suis pas
rendue cause fatigue .....et mon conducteur de mari n'aime pas la région parisienne et ses bouchons !
voici donc ma nouvelle comme je vous l'avais promis !
j'ai terminée 10e sur 35 , je trouve ce résultat honorable pour une première fois.....
Ma campagne
et les 4 saisons…
Aussi loin que se pose mon regard, ma campagne vit chaque saison différemment,
apportant bien-être, douceur, réconfort, aux meilleurs jours. Froideur, déprime, tristesse au cœur de l’hiver.
Sa métamorphose est complète passant des tons gris, jaunâtres de l’hiver aux
verts vifs et colorés du plein été.
Douze mois, si courts et si longs à la fois. Si intenses, si beaux, si
vivants.
Je ne me lasse jamais de contempler la métamorphose de la nature !
Je ne connais rien d’autre de si beau à contempler. Rien d’autre de si
changeant en si peu de temps. Je suis bien dans ce pays où la nature est reine !
En septembre, brumeux le matin, lumineux le soir, les pommes et les prunes sont
bonnes à cueillir. Le vent souffle en rond, le ciel se brouille. Un dernier orage vient lessiver prés, terres, bois et chemins, chasser l’odeur de la paille et du foin. Les cèpes jaillissent sous
les buissons. Les feuilles mortes des chênes, des hêtres, des bouleaux commencent à voltiger dans le vent du soir. Les feuilles de châtaignier à coller à la terre. Chaque rafale de vent jette une
volée de glands par terre. Premiers signes. L’automne arrive.
Au jardin, les dernières roses se fanent. Le vent d’automne emporte les
feuilles mortes. Un vol de canards sauvages envahit l’azur du ciel. Un lièvre sort du maïs, curieux puis s’en va. Les feuilles tombent après avoir viré du vert à l’or puis à la couleur rouille.
Les châtaigniers jaunes et déplumés lâchent leurs premiers fruits qui s’abattent bogues ouvertes. Les feuilles mortes tourbillonnent dans le vent, forment un tapis et les branches des arbres
redeviennent squelettiques en s’étirant vers le ciel.
Les chênes magnifiques, puissants, trapus règnent sur tous les autres arbres, opulents, grandioses. Ils dominent les champs et les près. De leur grandeur ils regardent les hommes avec la certitude de leur
force. Ils ne croient pas à la mort mais à la pluie, au soleil, aux étoiles, aux saisons. Ils croient en la sagesse et la patience.
Les nuages passent dans le ciel, cachent le soleil.
Octobre est là avec des couleurs aussi fraîches que celles du linge pendu au
jardin. Il est temps de ramasser les maïs grains. Ceux-ci chuchotent. Leur ombre verte est d’une agréable fraîcheur. A la douce blondeur des épis se mêle la barbe, filament soyeux. Ils frémissent
en voyant s’avancer les machines qui vont les dévaster en peu de temps.
En novembre et décembre, il fait nuit noire, le vent est souvent glacial. Un
matin le gel apparaît. L’herbe est prise dans le gel. Le sol craque sous les pas. Les arbres aussi sont blancs. Ce n’est pas de la neige mais du gel. Le soleil est éblouissant. Il donne une
lumière qui fait mal aux yeux, claire comme l’eau des rivières. Tout est figé. La campagne s’est endormie dans le cristal. Les pluies et le gel annoncent l’hiver. Il peut être terrible, polaire,
rendant la campagne déserte, figée par le froid. Il peut être long, très long.
Parfois jusqu’en avril. La terre alors se réchauffe.
Sur la nature encore à peine réveillée, un beau soleil coule à pleines brassées
des effluves chargées de douceur. Les bruns, les mauves, les près marbrés de vert, les bourgeons osent s’ouvrir. Pas de doute, le printemps est arrivé.
Les premières fleurs éclosent. La terre rayonne de tout son être jusqu’à une
possible canicule qui viendrait plomber l’atmosphère.
En juin, l’odeur de foin coupé envahit la campagne. Les jours sont longs,
chauds. Au jardin, les roses diffusent leur parfum envoûtant…
Le paysan scrute le ciel, il implore les nuages en embuscades, « pas de
pluie, s’il vous plait ! »
Sous le soleil, les machines tournent à plein régime. Les foins sentent
bons.
Les champs de blé ondulent sous le vent léger de l’été. Ils abritent les
nichées de cailles ou de perdrix qui s’envoleront lorsque la moissonneuse arrivera.
En juillet commencent les moissons. L’épi doré, gorgé d’amidon, pique du nez.
C’est le signal pour démarrer.
Août joue un peu les prolongations et septembre revient. La lumière se fait
plus douce.
Oui, la campagne sent bon le blé, le vent des prairies sous le ciel des
saisons.
La nature est éternellement jeune, belle et généreuse. Elle possède le secret
du bonheur !
Quand on l’a trouvé, on a l’impression que le temps s’arrête !
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